Eglise digitale : qu’en penserait Isidore de Séville, le Saint Patron d’Internet ?

« N’ayez pas peur de devenir les citoyens du territoire numérique », c’est en 2014, lors de son premier message sur les communications sociales, que le pape François a prononcé ses mots. Six ans plus tard, ils trouvent une résonance particulière avec la crise sanitaire de la Covid-19 qui a accéléré – certes de façon un peu trop soudaine – la transformation digitale de l’Église, déjà amorcée depuis quelques années.

Une transformation digitale nécessaire

Le digital tient un rôle majeur pour tous les secteurs d’activité, l’Eglise ne fait pas exception et doit faire face à son lot de défis à relever. Perpétuer la diffusion de la parole malgré la fermeture des paroisses en est un de taille. Elle subit également une perte de revenus non-négligeable et doit comme une entreprise classique composer avec la conjoncture. C’est évident, un peu brusquées par la situation, les communautés religieuses connaissent actuellement une importante mutation.

Un mal pour un bien ? Peut-être… Car cette évolution, si elle bouleverse les habitudes de communication, la pratique religieuse et également l’organisation de l’activité et des modes de travail en interne, permet aussi de se réinventer et d’innover. Il aura par exemple fallu, comme dans l’industrie, optimiser les outils de télétravail afin de poursuivre les activités quotidiennes. Pour l’Eglise qui compte salariés, bénévoles de tout âge, et membres du clergé aux diverses missions, il ne s’agit pas d’une mince affaire ! Ainsi, face à des changements sociétaux majeurs dus à la situation actuelle mais également induits par nos usages des nouvelles technologies, il est nécessaire de considérer les apports du digital pour l’Église.

Quelques cas d’usage

Dans le judaïsme par exemple le digital tient une place prépondérante depuis plusieurs années que ce soit dans la pédagogie, avec de nombreuses videos et sites d’apprentissage, dans la pratique avec la traduction des prières et leur rédaction en phonétique, et enfin dans l’animation de la communauté avec la promotion des différents évènements de la communauté.
Pour les catholiques, le Vatican a de son côté fait appel à Accenture pour la création d’une plateforme digitale afin d’harmoniser les différentes communications indépendantes dans un seul modèle, le Vatican News. Sans oublier la ChurchTech, label conçu en 2017 par l’association Église et Innovation pour fédérer les entrepreneurs chrétiens et valoriser leurs startups innovantes. Faisons ici l’impasse sur les troncs électroniques, le chapelet connecté, les applications de prières… L’important est de retenir que les initiatives se multiplient depuis quelques années et que la technologie a propulsé l’Eglise dans l’ère du numérique.

Au-delà des aspects techniques, les enjeux actuels répondent souvent à une quête de sens plus profonde. Si du point de vue du maintien de l’activité, le digital remplit pour l’Eglise, comme pour n’importe quelle entreprise, des fonctions organisationnelles on doit aussi le voir comme un vecteur de lien pour rompre l’isolement.

via GIPHY

Eglise digitale, une interface pour partager

Si la distanciation sociale semble assurer le maintien de notre santé physique, déployer différents moyens pour demeurer en relation est essentiel à notre équilibre mental et émotionnel. La transformation digitale permet de renouveler ou trouver de nouveaux moyens de communication pour demeurer en contact avec les membres d’une paroisse, éviter l’isolement social, organiser les offices (avec notamment le maintien du culte dominical) et les missions quotidiennes des circonscriptions.

Les enjeux sont multiples et une communication pertinente, impérative. Après tout, l’Eglise est une communauté vieille de 2000 ans, nourrir sa foi et en témoigner a toujours été au cœur de son histoire séculaire. Le support médiatique a donc été assimilé pour véhiculer son message : presse, radio, télévision et manuscrit bien sûr. ! Puis le premier site web du Vatican est publié en 1995, une belle décennie plus tard les jeunes se saisissent des réseaux sociaux qui sont désormais repris par la hiérarchie ecclésiale pour communiquer. Enfin de nombreuses paroisses se dotent de sites web, alors quels sont les enjeux de demain ?

Eglise digitale, le réseau pour mutualiser

Tout en conservant le principe de subsidiarité propre à l’Eglise, c’est la notion de partage qui nous semble essentielle. Le digital a cette puissance incroyable de permettre l’échange au travers de différents canaux de communication qui facilitent le lien avec la communauté et l’organisation des missions en interne. Dès lors que les paroisses décident de s’organiser en réseau, par exemple au sein d’un même diocèse, elles sont en mesure de mutualiser les compétences, partager les contenus, échanger sur les bonnes pratiques, et même mutualiser les coûts liés à la transformation digitale. Cet écosystème digital devient le reflet des liens qui existent depuis des siècles au sein du catholicisme. Allons plus loin, la barrière de la langue peut même être abolie, il existe notamment des solutions nativement multilingues pour mettre des sites web en réseau comme Sitebunch .

Différence et complémentarité, c’est ce qui fait la beauté de l’échange et que l’ère digitale propose désormais de faciliter avec des solutions innovantes et simple d’utilisation qui font la part belle à la mutualisation.

Nous sommes créas, chefs de projets, devs, commerciaux, planneur strat' ou traffic manager au sein de l'agence de communication digitale MOONDA et nous partageons avec vous nos réflexions. Nous parlons de ce qui nous inspire, nous fait vibrer, nous challenge et nous amuse.